Créativité - projets développer votre créativité pour innover tous les jours

Conférence de Nicole MILLET en 2001 à l'institut des cadres ENTENIAL

Qu’est-ce que la créativité ?

La créativité est un concept large, complexe, souvent liée dans nos esprits à l’expression artistique, à la recherche scientifique, à la création technologique, à la communication visuelle et auditive, à l’éducation, aux comportements personnels et aux mouvements de la société.

On constate une confusion entre créativité et création.

Nous déciderons ici que la créativité, dans le contexte qui est le nôtre, est une capacité à inventer des réponses nouvelles, inattendues, élégantes utiles… avec un objectif préalablement défini.

La créativité est un art, une technique, un style de vie, une forme de regard sur le monde. Elle fait appel à des qualités d’adaptation, d’imagination, de construction, d’originalité, d’évolution, de liberté intérieure, de puissance poétique, de prise de distance par rapport aux données, de responsabilité et d’autonomie personnelle.

Précisons qu’il n’est pas nécessaire que ces qualités s’exercent dans tous les domaines de la vie; ce serait une idéalisation. Il importe seulement que la mobilisation de nos aptitudes se fasse autour d’un objectif, dans un champ particulier qui peut être notre métier dans notre univers professionnel, dans notre économie de marché.


Le concept de créativité

Le concept de créativité sera à explorer à deux niveaux pour développer notre intelligence créative et l’utiliser dans notre vie professionnelle :

  • Sous l’angle de l’accomplissement personnel comme une gymnastique mentale, propre à rendre à l’esprit, sa fluidité, son adaptabilité, son originalité en présence du donné.
  • Sous l’angle d’un processus méthodologique de résolutions de problèmes par la construction et l’usage d’outils spécifiques et la mobilisation de comportements adéquats, conçus spécifiquement et appuyés sur des points de repère.
    La créativité dans l’histoire des hommes

La créativité est caractérisée, dans l’histoire de l’humanité par des ruptures de modes de pensée qui manifestent des changements culturels « boostés » par l’évolution de la connaissance et des savoirs.

Nous pouvons cerner six grands « courants repères » de la créativité dans l’histoire.

 

 Le courant classificateur ou logique

Il s’agissait pour l’homme de mettre de l’ordre dans l’univers, de faire des classements, pour simplifier sa perception du monde. La tentative a été grecque avec Platon et la pensée d’Aristote, puis viendra l’invention de l’écriture qui fut au départ une façon de mémoriser la comptabilité. Les scolastiques du Moyen-âge, Descartes et ses conseils, l’encyclopédie de Diderot ont suivi cette piste. La formalisation mathématique de Boole, puis l’arrivée de l’informatique moderne ont continué ce courant.

Repère né de ce courant : développement de l’aptitude à saisir des ressemblances et à transférer de l’un vers l’autre, propriétés, structures et applications permettent l’invention. C’est une base du fonctionnement créatif (démarche analogique).

La limite de ce courant : enfermement dans les systèmes de croyances que l’on peut classer définitivement un objet ou une idée dans une case.

 

 Le courant expérimental

L’Antiquité et le Moyen-âge ont élaboré plusieurs hypothèses scientifiques de la créativité et du phénomène de l’invention. Korzyski et Koestler ont analysé ces phénomènes et ont cherché à en dégager des régularités. Archimède, Gallien, Bacon, quant à eux ont formalisé un certain nombre d’instruments, utilisé pour observer et conduire des expériences. L’instrument délimite ainsi le champ de l’expérience et la notion d’induction naît. Pour aller au bout de cette logique, Claude Bernard a formalisé une méthode de découverte de l’hypothèse qui est à l’origine de techniques modernes de créativité.

Repères nés de ce courant : Certaines techniques permettent de favoriser et d’accélérer l’anticipation intuitive propre à la découverte. La construction d’hypothèses et leur vérification par l’expérience sous entend la mise en question d’un seul vrai intangible.

Limite de ce courant : généralisation de l’expérience comme preuve du vrai.

 

 Le courant fonctionnel

Lorsque l’homme a cru cerner les lois fondamentales de la nature (l’environnement) il a commencer à fabriquer des outils permettant de l’asservir. Dans toutes les civilisations, des services identiques c’est-à-dire des fonctions analogues ont été assurées par des outils qui ont été faits en tenant compte des matériaux disponibles et des contraintes de l’environnement. Avec l’âge industriel, il a fallu inventer de nouveaux outils cohérents avec à la nouvelle société.

Repère né de ce courant : L’analyse de la valeur et l’étude des motivations. Les outils utiles à l’invention dépendent du contexte dans lequel ils sont utilisés. Les fonctions des outils sont transposables d’un contexte à l’autre mais non les outils eux-mêmes.

Limite de ce courant : croyance en la procédure comme seul mode de résolution de problème, l’intuition étant réservé à l’art.

 

 Le courant combinatoire

La pensée moderne nous a familiarisé avec l’idée de structure et de relation. Cette pensée s’exprime en particulier dans la cybernétique, la théorie des systèmes et la mathématique combinatoire. Toute invention est la mise en œuvre d’une relation que Koestler appelle la bissociation et Moles, comme une aptitude à réarranger les éléments du champ de conscience d’une façon originale.

Repères nés de ce courant : le réarrangement des relations entre les éléments à l’intérieur d’un système organisé stimule un certain niveau d’invention.

Limite de ce courant : disparition du chaos et du désordre comme sources créatives au profit d’une vision matérialiste des éléments et de l’information.

 

 Le courant intuitif et la découverte de l’inconscient

La découverte depuis Descartes, c'était l’affaire de la raison. René Boirel, dans les années soixante a fait la synthèse des démarches qui ont ouvert de nouvelles voies à travers un ouvrage « la théorie générale de l’invention ». Ce sont celles notamment de Freud, Jung et Adler, Rousseau, Taine, Bergson, Poincaré Bachelard … Dans ce courant, nous trouverons aussi Dessoilles qui diffusera la pratique du rêve éveillé dirigé. Le travail sur l’intuition et l’inconscient du début de ce siècle avec Moreno, Lewin, Rogers et Mucchielli font aussi partie de ce courant.

Repères nés de ce courant : la créativité puise dans les champs de l’inconscient une matière riche qu’il s’agit de libérer pour l’utiliser. Beaucoup de techniques utilisées aujourd’hui sont inspirées de ce courant. Elles libèrent une information non directement accessible.

Limite de ce courant : le jeu avec l’inconscient des participants demande une vigilance pour éviter une trop grande déstructuration. Pour exploiter l’information, cela demande des capacités d’analyse, d’interprétation et de structuration de l’information par rapport à des objectifs.

 

 Le courant de la connaissance et de l’organisation de l’information

La créativité actuelle n’est plus considérée comme une aptitude de quelques-uns mais comme un véritable phénomène quasi collectif dans la société industrielle de services, de l’information et de la distribution.

Le développement exponentiel de la production de services et la variété de leur renouvellement est devenu une réalité vivante, vécu, observable.

De nouvelles régularités dans les modes de créativité qui sous-tendent la floraison des créations sont en état d’émergence. Elles peuvent être décrites, utilisés, systématisés.

De nouvelles « lois » ou des constantes dynamiques peuvent être dégagés de cette « explosion » de la réalité d’hier et favoriser très utilement l’anticipation par l’analyse de leurs implications possibles dans les perspectives d’action et de développement qu’elles nous offre.

Ces nouvelles régularités dans le développement de la créativité observable par le rapprochement des services, des techniques, des aspirations du marché, sont la « matière première » de la recherche des applications et des formations de la méthodologie ARIANE. (développée par l'institut de recherche ISE)

Repères nés de ce courant : le vrai est devenu une notion extrêmement relative d’où la nécessité d’inventer constamment et d’évaluer les données en dynamique constante.

Limite de ce courant : elle n’apparaît pas encore, bien qu’elle soit inclue dans le courant lui même, qui porte un regard sur sa propre péremption à terme.


Les obstacles à la créativité

Tous les concepts sur lesquels s’appuient les civilisations, d’abord considérés comme points de départ d’une évolution, peuvent devenir des obstacles à cette même évolution s’ils sont pris pour des fins ou pour des valeurs en soi, ou simplement s’ils correspondent à des attitudes chroniques.

Ainsi l’emprise d’une théorie, le primat d’un raisonnement, un dogme… sont, de toute évidence, des arrêts et même des interdits pour toute innovation, pour tout changement dans la mesure même où ils se présentent comme des vérités à ne pas mettre en question, dans la mesure où ils exigent d’être appris comme des solutions définitives.

On peut ranger les obstacles à la créativité en 7 grands familles

 

L’emprise de la tradition et des modèles anciens

Ces obstacles ont leurs racines dans la résistance sociale de la tradition, l’habitude culturelle, le caractère sacré du passé.

La tradition a des formes plus subtiles et plus psychologiques que sociaux sous la forme de persistance du « modèle » qui façonne inconsciemment la manière même de penser.

 

Le poids des « autorités »

La puissance des idées admises s’incarne dans des personnages qui « font autorités » et qui deviennent des remparts puissants contre ce qui tend à mettre en cause leur gloire ou leur assurance.

Tout créateur a à lutter contre ceux qui oublieux de leurs propres débuts identiques, ont acquis l’autorité dans leurs domaines scientifiques, managériaux, politiques, économiques, religieux, artistiques …

 

Les modes intellectuelles

Chaque époque a ses modes en matière de vêtement comme de manière de penser et il est difficile d’aller à l’encontre. A côté des « autorités » qui font figure de « leaders » il y a la mode qui peut exprimer, (indépendamment ou en renforcement des leaders)un « courrant » social dominante et qui règne à sa façon. On se trouve confronté à ce que l’on appelle la « pression de conformité » qui existe dans tout groupe social avec ses concepts, ses stéréotypes, ses idées « à la mode »

 

La marque de l’éducation

On a de la peine à sortir des systèmes de valeurs et des comportements appris pendant l’enfance. L’éducation façonne notre manière de juger et même de percevoir. Elle est une enculturation, indispensable à la participation sociale, mais elle transporte avec elle et le langage, des valeurs et des concepts qui, marqués du poids de l’acquis, immobilisent toute mise en question du cadre de référence. Or celui-ci intervient, par la suite, à un niveau non conscient.

Les marques de l’éducation participent à ce que l’on appelle « la force de l’habitude » qui est une force de résistance au changement.

 

La résistance personnelle au changement

La résistance personnelle n’est pas seulement le résultat de l’ensemble des facteurs précédents. Le centre en est le MOI c’est-à-dire le sentiment d’identité ou d’intégrité personnelle.

Ce MOI a une tendance naturelle à se définir par ses opinions, ses appartenances, sa situation personnelle par rapport à toute une série de repères organiques et biologiques, spatiaux, temporels, psychologiques, sociaux et culturels.

Tout bouleversement de ces repères provoque un sentiment de perte d’identité et le MOI réagit par des mécanismes de défenses. Face à une information dissonante par rapport à son « système », la tendance sera d’intégrer l’information avec le minimum de changement. L’intégration complète d’information contraire à son « système » va provoquer une sorte de « crise » plus ou moins facile à surmonter avec des périodes de « traversée du désert », désorientation, angoisse … jusqu’à un nouvel équilibre.

 

La Raison comme obstacle à la créativité

La créativité est une puissance irrationnelle qui se sert de données irrationnelles ou du moins de logiques d’une autre nature que celles utilisées plus couramment (les découvertes sur le fonctionnement des deux hémisphères cérébrales nous ont éclairés à ce sujet)

L’effort de notre intellect consiste à découvrir d’identique ou la diversité du réel. La raison élimine l’inconnu et l’original pour le ramener à du connu. Elle uniforme le réel comme elle unifie la connaissance. Par ailleurs, elle utilise un systèmes de principes « à priori » et formels, indépendants de l’expérience et dont le corps de formules s’appelle la logique.

C’est pour cette raison que lors de la formulation de la technique du « Brain Storming » OSBORN son créateur a tant insisté sur la règle « la critique des idées d’autrui et l’autocritique intérieure des idées qui viennent à l’esprit sont interdites ». Le jugement critique fondé sur le principe de la Logique intervient comme stérilisateur des idées neuves.

 

L’imaginaire morbide

Les grands découvreurs ont été de grands imaginatifs. L’imagination se trouve intimement lié au processus de créativité. L’imagination cependant est loin d’être une faculté simple : elle va de la puissance prospective de l’avenir et du pouvoir de dépasser les idées reçues jusqu’à la faculté de fabulation et jusqu’aux fantasmes du rêve et de l’imaginaire morbide, symptôme des perturbations de l’affectivité et de la personnalité.

Nous sommes en train de vivre le craquellement de la vieille peau de notre civilisation. Nous sortons moralement, affectivement et intellectuellement du moyen âge.

Nous quittons un monde où se confondent encore perfection et immobilisme pour entrer dans un monde qui tente de maîtriser son développement.

Nous quittons notre société judéo-gréco-latine par ses origines chrétienne, européenne mécaniste et nationaliste dans son accomplissement.

Ce sont ces traits qui ont fait la grandeur de notre civilisation et qui a permis d’accoucher de notre économie industrielle que nous devons aujourd’hui dépasser pour rester fidèle à notre destinée et pour maîtriser les phénomènes planétaires auxquels notre civilisation a elle-même donné naissance.

Osons être créatif pour franchir le passage.

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